Des écoles catapultées dans une autre ère
Un minuscule virus est parvenu à déclencher une révolution mondiale qui n'épargne pas le domaine de l'enseignement. Il montre comment une petite force peut mettre en branle une chaîne d'événements qui oblige les écoles à changer de cap. Les écoles ont été projetées dans une autre ère avec la force d'une catapulte. Pas au moyen d'un plan quinquennal, mais tout simplement d'un instant à l'autre. Immédiatement.
Les directions, les enseignants, les parents et les enfants dont ils prennent soin se posent de nombreuses questions. À ma grande surprise, ces questions ne portent presque pas sur l'aspect pratique des mesures liées au coronavirus, mais sur ce qui a le plus de valeur, à savoir l'essentiel. Qu'est-ce que l'essentiel ? Quels outils les enseignants recherchent-ils pour intégrer cet essentiel ? Quelles prises de conscience de l'ère du coronavirus emportent-ils avec eux dans l'environnement scolaire ?
Les écoles sont parties à la découverte de l'essentiel.
De la survie à la vie
La crise et la peur traversent les écoles main dans la main, comme deux bons amis. Enseignants, méthodes, systèmes, évaluations : tout a été mis sens dessus dessous. Même la présence à temps plein des élèves a dû y passer. Il ne s'agissait plus seulement d'enseigner : aller à l'école devenait une question de vie ou de mort. Notre vie en dépend. Une idée que nous n'aurions jamais associée à l'enseignement auparavant. C'est pourquoi les responsables politiques, les directions et les enseignants cherchent une manière de transformer la survie en vie.

S'adapter à un rythme soutenu
Vous n'avez aucune idée de ce que sera la prochaine étape, même si des procédures écrites sont entre-temps disponibles. Tout peut changer en l'espace d'une journée.
En tant qu'enseignant, possédez-vous la souplesse nécessaire pour faire face à cette situation changeante ? Êtes-vous submergé par le stress et la peur ? Ou stimule-t-elle au contraire votre intelligence créative ? Vous devez vous adapter, que vous le souhaitiez ou non. À un rythme soutenu, accompagné de facteurs inattendus et inconnus qui surgiront sans aucun doute encore. En voyez-vous les avantages ?
Un éventail d'occasions de grandir
Une crise survient généralement lorsque les signaux de changement n'ont pas été vus ni compris pendant longtemps. Elle vous met au défi, vous confronte, vous pousse à chercher et à trouver. À terme, elle apporte de l'énergie, une force nouvelle et de nouveaux schémas. Pouvons-nous dire que des occasions de grandir, inattendues et inédites, ont été déposées dans le giron des écoles, et qu'elles vous invitent à élargir votre regard, à ajuster votre expertise, mais surtout à trouver une immense satisfaction ? Cela ne fait-il pas partie de l'essence même de l'apprentissage ? Êtes-vous prêt pour le voyage ?
Un enseignant possède la force d'apprendre par lui-même
En tant qu'enseignant, vous êtes la personne par excellence pour vous réjouir du processus d'apprentissage, car vous possédez une qualité particulière : la force d'apprendre par vous-même. Ce « par vous-même » est ici d'une importance cruciale. Seul ce que vous avez vous-même intégré peut être transmis aux élèves avec toute sa valeur. Vous avez donc la force de transmettre aux élèves le processus d'apprentissage, le résultat et toutes les étapes intermédiaires nécessaires. Et cela va plus loin encore. À partir de votre propre « force d'apprentissage », vous leur montrez la puissance de l'apprentissage et les émotions gratifiantes qui l'accompagnent. Les élèves ont ainsi envie de faire appel à leur propre force d'apprentissage, ce qui favorise leur bien-être.

Déplacer son attention de la crise vers la création ouvre la porte à une profonde satisfaction.
Les enseignants, la matière première en or d'une école
Lorsque les enseignants unissent leurs forces d'apprentissage, ils créent, à partir d'une crise, un cadre magnifique dans lequel les écoles réinventent leur essence et la remplissent de nouvelles formes et de nouvelles couleurs, plus adaptées à ce dont les enfants d'aujourd'hui ont réellement besoin. Ils déplacent leur attention de la crise vers la création et ouvrent ainsi une porte vers une profonde satisfaction. C'est en même temps un message pour les responsables politiques : concentrez-vous sur la solution et non sur le problème. La richesse, la matière première en or de ce processus de création, est déjà présente dans l'école, et vous en faites partie. Il est temps de reconnaître à sa juste mesure votre valeur, qui vaut de l'or.

La peur et le stress coupent le lien
Morts, malades, contaminations, conséquences économiques, à l'échelle mondiale, enfants en détresse et chiffres résonnent depuis des mois dans vos haut-parleurs médiatiques. Posez-vous les questions suivantes. Quel effet cela a-t-il sur moi ? Que se passe-t-il dans mon corps ? Dans ma respiration ? Ma perception ? Ma motivation ? Ma créativité ? Le contenu de mes conversations ? La qualité de mon sommeil ? Observez-le donc un moment. Que constatez-vous ?
La propagation de la peur a un effet de rétrécissement sur votre fonctionnement : votre pensée, votre souplesse, votre créativité et votre perception intuitive se resserrent. Votre attention est attirée vers des facteurs extérieurs. Vous commencez à avoir du mal à dormir, à manger, ou votre corps commence à manifester des troubles. Votre respiration (sous-estimée) se déséquilibre, ce qui rompt le lien avec vous-même. C'est une plainte fréquente chez les enseignants. Et à juste titre, car un lien rompu perturbe la qualité de vie, mais aussi l'enseignement.
Lorsque votre attention est attirée vers des facteurs extérieurs, le lien avec vous-même est compromis.

Les enfants reflètent spontanément ce qui est en déséquilibre
Quel effet ont sur les enfants une information unilatérale et anxiogène et les réactions paniquées des adultes ? « Si les adultes ont si peur, vers qui dois-je me tourner pour trouver du soutien ? » se demandent-ils dans leur petite tête. Ils sont plus sensibles qu'un baromètre qui enregistre le moindre changement météorologique. Cette sensibilité leur joue des tours. Lorsque les émotions qu'ils captent chez des adultes angoissés ne sont pas canalisées, elles entraînent des comportements difficiles et des difficultés à se concentrer et à apprendre. Les enfants nous tendent un miroir étincelant : la peur ne mène pas au résultat souhaité. Ils ont besoin d'autre chose. Et vous, de quoi avez-vous besoin ?
Dans le livre De eigenwijze kikker, ces enfants sont décrits comme des brouilleurs qui, grâce à leurs puissantes antennes, captent des informations d'un environnement plus large et les diffusent au sein de l'école. [1] Ils possèdent une sensibilité qui détecte chaque mensonge, qui démasque chaque manque de sincérité, chaque fausseté. Comme une éponge, ils absorbent la surabondance de stimuli qui surcharge leur système nerveux. Si cette surcharge n'est pas détectée et gérée de façon adéquate, elle provoque chez l'élève du mécontentement, de l'apathie, de l'agressivité ou une fuite hors du corps. Pour les ramener dans le présent et dans leur processus d'apprentissage, vous devez, en tant qu'enseignant, être présent ici et maintenant. Sinon, la tâche s'annonce difficile.
Tout le monde peut l'apprendre, et ce n'est même pas si difficile.
L'explorateur, une personne passionnante, vivante et authentique
Ces deux dernières années, l'explorateur en vous s'est éveillé. Cet éveil agit comme un puissant antidépresseur et vous préserve de la routine et de la démotivation. Un explorateur trace son propre chemin et vit les aventures comme elles se présentent. Il lâche le contrôle et applique des stratégies adaptées à la crise. Peut-être a-t-il un but en tête, mais il y a de fortes chances qu'il découvre tout autre chose. Les élèves qui voient l'explorateur en leur enseignant ne demandent qu'à apprendre par eux-mêmes. Ils savent que, depuis votre liberté intérieure, vous osez repousser vos limites. Ils veulent apprendre à faire de même pour apprendre à se connaître. Dans De eigenwijze kikker, on peut lire que la quête de soi est le processus d'apprentissage prioritaire que chaque personne souhaite entreprendre. [2] Les jeunes élèves ont eux aussi ce but. N'est-ce pas de cela que parle l'école ? De cela que parle l'essentiel ? Se connaître soi-même. Apprendre à vivre ? Ou nous limitons-nous à apprendre à apprendre ?

Les élèves qui voient l'explorateur en leur enseignant ne demandent qu'à apprendre par eux-mêmes.
Un petit lieu qui nourrit, pour les peurs et les petits bonheurs
Avec la création des bulles, la classe de Madame Vera, en deuxième année primaire, a été réduite de moitié.
« Je découvre les avantages d'avoir plus d'espace physique par élève », raconte-t-elle d'une voix joyeuse. « C'est tout simplement beaucoup plus calme. Il y a plus de place et les bancs sont mieux ordonnés. J'ai maintenant le temps de découvrir d'autres talents chez mes enfants. J'ai ainsi remarqué qu'un enfant qui a du mal en calcul chante très bien. Ce que je propose correspond désormais mieux à leurs besoins. » Elle hésite un instant avant de poursuivre.
« Les cours philosophiques ont été supprimés dans notre école. Comment peut-on rayer de la carte la vie et la réflexion sur la vie ? Justement maintenant ? C'est un petit lieu qui nourrit, où les enfants peuvent venir déposer leurs peurs et leurs petits bonheurs. »
À la question de savoir si elle est devenue plus créative, elle répond avec humour : « Quand nous devions encore porter un masque, je me maquillais chaque jour d'une couleur vive. Les enfants trouvaient ça beau. Comme mon sourire était caché derrière mon masque, je leur ai appris à regarder les petites rides autour de mes yeux et mes sourcils. »
Ces visites me procuraient un sentiment merveilleux, comme si cela comptait vraiment.
Apprendre en jouant est désormais une priorité pour moi
Madame Kristel, en cinquième année primaire, se sent en sécurité dans sa classe.
« La plupart des enfants se sentent bien dans leur peau, et j'en tiens compte consciemment », dit-elle. « L'apprentissage avance alors mieux. Avant la crise du coronavirus, ils vivaient à un rythme plus rapide. Trop de hobbys et trop de stimulations différentes les rendaient plus sensibles au stress. Avec les mesures, le rythme s'est ralenti et ils sont plus calmes. Du coup, ils apprennent plus facilement. »
Quelque chose l'a frappée. « Les enfants n'ont plus l'habitude de rester longtemps assis sans bouger. Ils ont besoin de plus de mouvement et de plus de liberté. Je le leur donne, mais c'est nouveau pour moi. J'intègre maintenant régulièrement de petites pauses actives pendant lesquelles nous exerçons la matière. Par exemple, nous jouons au ballon dehors et nous apprenons à compter en français. Apprendre en jouant occupe désormais une place plus importante dans mes priorités. »
Les élèves sont devenus plus autonomes
« Avec le confinement, l'autonomie a grandi, tant chez mes élèves que chez moi », constate Madame Kristel. « Nous avons appris beaucoup d'autres choses ensemble. J'ai beaucoup appris sur le plan numérique. Je ne laisse pas cela de côté, je l'intègre dans mes cours. Les enfants sont aussi plus à l'aise dans le travail autonome. C'est un joli bonus. Il y a pourtant une différence. À la maison, ils faisaient bien ce qu'on leur demandait, mais sans l'intégrer. En classe, cela fonctionne mieux. »
Motivation intrinsèque
« Avec le confinement, j'ai soudain pris conscience de la raison pour laquelle j'ai choisi ce métier. Je le savais, mais cela ne m'avait jamais touchée de manière aussi forte », conclut Madame Kristel avec une fierté émue. « Le contact, le ressenti, l'ouverture les uns aux autres,… C'est tellement délicieux. Comme un talent intérieur, une motivation intrinsèque… »
De merveilleuses visites aux élèves
Madame Anja enseigne en première année primaire. « Je sentais que c'était ma mission de rendre une petite visite aux élèves chez eux, à distance de sécurité. J'étais animée par le besoin de les voir. Mes visites donnaient aux parents l'occasion de poser des questions. Les enfants eux-mêmes étaient fous de joie. Certains étaient de vrais moulins à paroles, ou me montraient un album photo ou une dent tombée.
« Ces visites me procuraient un sentiment merveilleux, comme si cela comptait vraiment. Je me sentais plus joyeuse et plus légère, j'avais beaucoup plus d'énergie. J'aurais pu continuer jusqu'au milieu de la nuit. »
Avec un effort minimal, vous obtenez une portée maximale.
La frontière ténue entre l'école et la maison
« Avec des enfants de six et sept ans, on a besoin de l'aide des parents pour se retrouver en ligne. Derrière chaque enfant se trouve donc un parent, mais les parents des autres enfants sont également présents. Nous parlions du bien-être des enfants. Un enfant a dit qu'il ne se sentait pas bien à la maison. Et là, un grand silence s'est installé. Je ne savais plus quoi dire. Le papa était bouleversé et les autres parents se taisaient. C'était un moment inconfortable. »
Madame Anja s'est alors heurtée à la frontière ténue entre l'école et la maison, une frontière sensible et délicate.
« À l'école, on peut prendre un tel enfant à part un instant, mais j'avais oublié qu'il n'y a aucune intimité lors d'une rencontre en ligne. J'ai ensuite contacté le papa, et maintenant je fixe un cadre aux parents à l'avance », soupire-t-elle. « Je ne veux pas revivre cela une deuxième fois. »
L'institutrice s'est heurtée à la frontière ténue entre l'école et la maison.
Le sens oublié de la pratique scolaire quotidienne
Avec le confinement, nous avons de nouveau embrassé des choses essentielles. Nous avons reçu un temps unique pour nous remettre de nos agendas surchargés, pour revenir à nous-mêmes et faire des choses que nous mettions habituellement de côté. Nous pouvions enfin ralentir et suivre un rythme naturel. La famille, la communication, le contact émotionnel et physique ont pris de la valeur à une vitesse fulgurante. Nous prenions davantage soin de nous-mêmes tout en prenant soin des autres comme jamais auparavant. Un sentiment d'appartenance a grandi. Grâce à l'élargissement de l'espace personnel, la diminution des stimuli extérieurs était un délice. Et la nature nous a rappelé que nous pouvons nous rétablir rapidement si nous le souhaitons. Ces prises de conscience parlent du sens oublié de la pratique scolaire quotidienne.
Des outils puisés dans votre richesse intérieure
La redécouverte de l'essentiel et d'un mode de vie conscient ne se trouve donc pas dans des facteurs extérieurs, mais bien plus près : dans votre monde intérieur. Un trésor précieux s'y trouve : votre lien profond avec qui vous êtes, votre point de calme unique. Ils sont très utiles pour votre travail en classe. Et pour vos élèves. Nous n'avons pas l'habitude de travailler à partir de là. Nous ne pouvons cependant plus retomber dans le fonctionnement de l'ancien paradigme de la peur et regarder, impuissants, de nombreux enseignants s'effondrer. La matière première en or doit être soutenue et rester en bonne santé.
Dans votre monde intérieur se trouve un trésor précieux : votre lien profond avec qui vous êtes, votre point de calme unique.
Tout apprentissage est corporel
C'est un moment charnière. Êtes-vous prêt à faire un choix ? Aimeriez-vous enseigner à partir de ce point de calme unique ? Aimeriez-vous apprendre à enseigner à partir de vos sensations physiques ? Cela vous semble du chinois ? Pourtant, vous connaissez déjà. De la dégustation d'une chose aussi petite qu'une fraise à l'écoute d'une musique qui vous émeut, jusqu'à la naissance de votre enfant et les innombrables événements qui se situent entre les deux. Vous les avez tous vécus physiquement. Cette expérience était un baromètre qui vous disait si quelque chose était bon ou non. Vous ne vous y êtes peut-être jamais arrêté, mais tout apprentissage est corporel[3]. L'apprentissage scolaire aussi. Un enfant présent dans son corps apprendra plus facilement. Un enseignant présent dans son corps gérera sa classe avec plus d'aisance. Nous apprenons maintenant à l'appliquer consciemment.

Tout apprentissage est corporel.
Quoi ? La simplicité de Teaching by being
Teaching by being est une méthode qui part de votre point de calme unique. C'est une application transversale, facile à apprendre. Elle est née du développement personnel conscient de l'autrice de cet article, au fil d'une collaboration de nombreuses années avec ses classes. Teaching by being est appliquée aussi bien à l'école primaire que dans le secondaire par des enseignants qui ont suivi la formation. Elle peut être utilisée aussi bien pour donner cours que pour suivre un cours. Elle offre des fondations solides à toute personne qui souhaite vivre, apprendre et travailler à partir d'une énergie vitale puissante.
Teaching by being est une méthode qui relie, qui ouvre le cœur et qui a un impact dans plusieurs directions. Si, en tant qu'enseignant, vous appliquez Teaching by being pour vous-même, votre changement d'attitude n'a pas seulement un effet sur vous, mais aussi sur vos élèves, vos collègues et votre direction, et inversement.
En utilisant Teaching by being, vous remarquez, tout comme pendant la période du coronavirus, que tous les processus à l'école sont liés entre eux. Avec un effort minimal, vous obtenez donc une portée maximale.
Teaching by being est toujours à portée de main. Vous n'avez pas besoin d'étudier des choses compliquées. Elle peut être utilisée dans quasiment toutes les circonstances. Ce n'est pas un concept théorique : elle repose sur l'intelligence et la capacité de perception de votre propre corps, qui dit la vérité. Le corps ne ment pas. Vous le savez. Vous le remarquez par exemple aux réactions de votre corps face à des situations favorables ou défavorables.
Cette approche est plutôt exceptionnelle, car dans l'enseignement, nous avons l'habitude de miser sur l'intelligence mentale. En apprenant à comprendre et à utiliser l'intelligence corporelle et émotionnelle présente en chacun, de nombreux problèmes de classe et d'apprentissage peuvent être évités ou réduits. [4] Cela libère du temps supplémentaire. Êtes-vous prêt pour une autre manière de regarder et d'agir ? Voulez-vous savoir comment ?
Teaching by being est une méthode qui relie, qui ouvre le cœur et qui a un impact dans plusieurs directions.
Quoi ? La roue de l'être, un repère clair
Teaching by being est une expérience globale, une expérience de l'être, qu'il est difficile de découper. Pour une meilleure compréhension, et parce que nous aimons avoir des points de repère, la « roue de l'être » pour enseignants a été développée. Elle se compose de huit axes que vous pouvez apprendre à expérimenter plutôt qu'à raisonner. Les élèves y sont d'ailleurs très doués et en redemandent, car ils ont un grand besoin du sentiment de sécurité qui naît lorsqu'on utilise correctement l'intelligence corporelle. [5] La plupart des élèves n'apprennent nulle part à entrer en contact avec leur calme intérieur. Ils sont reconnaissants pour ces courts moments. En quelques minutes, les batteries sont rechargées et ils peuvent poursuivre le cours. Perte de temps, objecteront les critiques. Gain de temps et d'apprentissage, selon mon expérience.
Dans De eigenwijze kikker vous trouverez l'élaboration complète de la roue de l'être. [6] Le livre regorge en outre d'exercices ludiques qui vous permettent d'enseigner à partir de votre conscience corporelle.
Teaching by being est une expérience globale pour les enseignants et les élèves.

Qui ? Les enseignants déplacent leur attention
Bien que les enseignants prennent grand soin de leurs élèves, la roue de l'être vous demande de faire quelque chose dont vous n'avez pas l'habitude et contre quoi vous ressentez peut-être une résistance. Au lieu de porter votre attention en priorité sur l'élève, vous la ramenez d'abord vers vous-même. Ce déplacement de l'attention vous rend plus présent : plus ici, plus maintenant, plus dans votre corps, et avec une respiration plus libre.
Ce n'est pas de l'égoïsme, au contraire : les élèves adorent les enseignants qui sont bien présents. Un comportement plus agréable et de meilleurs résultats d'apprentissage sont vos grandes récompenses. Et cela en utilisant votre corps ? Vous n'êtes pas obligé de me croire sur parole, mais laissez s'exprimer l'explorateur en vous et essayez tout simplement. Ci-dessous, j'aborde le fonctionnement de trois axes de la roue de l'être, mais voici d'abord un exemple tiré de la pratique.
Je n'y suis jamais arrivée et je n'y arriverai jamais
Dana, une de mes élèves, était complètement frustrée pendant mon cours. Elle ne collaborait d'aucune façon. [7] Mes petites astuces n'avaient aucun effet. Rien ne pouvait la convaincre de participer à mon cours. Elle n'avait jamais aimé ma matière, n'y arrivait pas et n'y arriverait jamais. Je devais trouver quelque chose, car l'année scolaire venait à peine de commencer et je n'avais pas l'intention d'arriver à la fin de l'année de cette manière. Lors d'une conversation avec elle, je lui ai décrit sa posture pendant mon cours. Je la lui ai montrée avec mon propre corps. À chaque cours, elle était complètement recroquevillée, bras et jambes croisés, ses longs cheveux devant le visage. Pendant la conversation, elle m'a fait comprendre qu'elle n'avait pas l'intention de collaborer de quelque manière que ce soit, jusqu'à ce que je lui demande si sa seule participation pendant mon cours pouvait être un changement de posture. Elle a alors été immédiatement intéressée et a voulu tenter l'expérience. En posant ses deux pieds au sol et en se tenant droite sur sa chaise, elle sentirait mieux son corps et serait en contact avec la terre. En se tenant droite, elle respirerait mieux et sa digestion se ferait plus facilement. Son cœur serait libre d'apprendre. En posant ses bras de façon détendue, elle respirerait mieux, et en écartant ses cheveux, elle pourrait entrer en contact avec ce qui se passait pendant le cours. Je ne lui en ai pas expliqué davantage que ce que je fais ici, mais je lui ai laissé entrevoir qu'elle obtiendrait de meilleures notes avec cette posture. Moi-même, pendant mon cours, j'appliquais largement ce que je lui demandais, et plus encore. J'étais présente à 100 %. Pour faire court, le résultat a été qu'elle a commencé à collaborer, à faire ses travaux et qu'elle a obtenu dix sur dix, alors qu'elle n'avait encore jamais obtenu une note suffisante dans ma matière de toute sa scolarité. Et surtout : l'exemple d'une seule élève a inspiré d'autres élèves pendant mon cours et dans d'autres matières, alors que je n'avais travaillé qu'avec une seule élève. J'ai alors compris l'impact de l'intelligence corporelle sur le comportement et les résultats. Teaching by being était né. Depuis, de nombreux enseignants ont appris à l'appliquer.
Les élèves adorent les enseignants qui sont solidement présents en eux-mêmes.
Quoi ? Le triangle de base qui vous garde en forme
Regardons un instant trois des huit axes de la roue de l'être : moi, ici, maintenant & conscience de la terre et du corps & respirer. Les mots en majuscules sont notre point de focalisation. C'est là que nous voulons aller. C'est à partir de là que nous enseignons et que les élèves suivent le cours. Les élèves de première année primaire en sont déjà capables, tout comme les petits de dernière année de maternelle. Plus les élèves grandissent, plus vous pouvez prolonger l'exercice et plus vous pouvez l'appliquer de façon variée avec eux.
Les mots en minuscules symbolisent la situation dans laquelle la plupart des gens se trouvent inconsciemment et qui est à l'origine de diverses difficultés dans leur vie, et par conséquent en classe. Si nous parvenons à faire le saut de la conscience du temps vers l'ici et maintenant, de l'absence vers la conscience du corps et de la terre, et de la non-vie (avoir peu d'énergie vitale) vers la respiration, alors quelque chose change rapidement dans votre classe. Appliquer le triangle de base vous permet déjà de rester en forme jusqu'à la fin de la journée, mais comment faire ?
Comment ? Axe un : ici et maintenant
Considérez ce paragraphe comme le premier exercice pratique. Observez si votre attention se trouve dans ce moment et à l'endroit où vous êtes maintenant. [8] Si ce n'est pas le cas, invitez-vous à être présent, avec toute votre perception et tous vos sens, à ce que vous faites en ce moment. Même si vous avez des soucis, ramenez votre attention vers ce moment et cet endroit. Si vous êtes distrait par des histoires issues de la conscience du temps, de votre passé ou de votre avenir, ramenez alors systématiquement votre perception vers l'ici et maintenant. Répétez cet exercice à différents moments de la journée, dans diverses circonstances. Vous remarquerez que vous êtes souvent séduit par la conscience du temps, mais vous avez la force d'apprentissage nécessaire pour rester dans l'ici et maintenant.
Comment ? Axe deux : conscience du corps et de la terre
Le deuxième exercice pratique vous apporte stabilité et sécurité.[9] Tandis que votre attention est dans l'ici et maintenant, vous commencez à mieux percevoir votre corps, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Les axes sont tous liés entre eux : si vous faites l'inverse et que vous vous concentrez sur l'axe deux, l'axe un se met lui aussi en mouvement.
« Garder les deux pieds sur le sol (= la terre) » n'est pas une expression vide de sens. N'hésitez pas à essayer cet exercice ludique avant le début de la réunion de section, ou faites-le avec vos élèves : tenez-vous sur la pointe des pieds, sur les talons ou sur les bords des pieds, tout en essayant de garder un bon équilibre. Sentez-vous le déséquilibre ? Posez maintenant vos deux pieds fermement au sol, avec toute la plante du pied. Pendant ce temps, continuez à sentir votre corps et restez dans l'ici et maintenant. Sentez à quel point vous commencez à être stable. Auprès d'une institutrice ou d'un instituteur bien ancré, les enfants se sentent en sécurité pour apprendre. Grâce à cet exercice, les élèves se sentent mieux dans leur peau.
Beaucoup de gens ne sentent leur corps que lorsqu'il leur fait mal. Pourtant, votre corps est une source d'informations qui vous aide lorsque vous enseignez, en réunion, lors d'une rencontre avec les parents, quand vous essayez quelque chose de nouveau ou quand vous dépassez vos limites. Mieux comprendre les signaux de votre corps vous aide à prendre de meilleures décisions et à soutenir votre bien-être.
Comment ? Axe trois : l'importance sous-estimée de la respiration
Comme troisième exercice pratique, vous pouvez observer votre respiration plusieurs fois par jour.[10] Il y a de fortes chances que, pendant les cours, vous arrêtiez régulièrement de respirer un instant. Invitez-vous à inspirer et à expirer calmement tout au long de la journée, de préférence jusqu'au bas du ventre. Apprenez à vos élèves à inspirer et à expirer calmement. Ils vous en seront reconnaissants.
Respirer est vital et crucial dans le processus d'apprentissage. Un enseignant qui respire bien inspire confiance. Avec une respiration fluide, il ou elle a moins de mal à gérer sa classe, car la respiration reflète l'énergie vitale et dit quelque chose de l'état de vos émotions. Un élève qui respire correctement est calme et apprend mieux. Un enfant qui respire mal a peur de l'échec, et il est difficile de le guider à travers la matière.

Respirer est vital et crucial pour un processus d'apprentissage aisé.
Où et quand ? Toujours et partout
Où et quand ? Toujours et partout. Cela semble une tâche impossible, mais ce n'est pas le cas. Pour gagner en assurance, vous pouvez d'abord vous exercer seul. Très vite, vous aurez envie de vous exercer en situation : à table en famille, pendant une conversation avec la voisine… Vous pouvez poursuivre vos activités habituelles tout en vous exerçant. Contrairement à ce que vous pourriez penser, votre attention ne se relâche pas : vous remarquez au contraire que vous parvenez mieux à vous focaliser et à vous concentrer. Pendant que vous enseignez, exercez-vous à être conscient de votre présence ici et maintenant et/ou de votre corps tout entier, les pieds sur le sol et/ou de votre respiration. Il y a de fortes chances qu'au début, vous deviez souvent ramener votre attention. En vous exerçant, vous tiendrez de plus en plus longtemps et vous apprendrez à voir quels élèves sont présents ou non, de sorte que vous pourrez adapter votre stratégie.
Vous pouvez poursuivre vos activités habituelles tout en vous exerçant.
Résultats possibles de l'application de Teaching by being
Appliquer Teaching by being de manière cohérente, par le biais de votre intelligence corporelle et émotionnelle, produit des résultats pour lesquels vous deviez auparavant entreprendre de nombreuses démarches, avec des résultats variables. Ces résultats dépassent les disciplines et y contribuent en même temps.
Le plaisir, ça marche. Vos petites expériences de réussite intérieures vous encouragent à continuer, jusqu'à ce qu'elles deviennent des expériences partagées avec vos élèves. Savourez l'entraînement, le voyage de découverte et les résultats. Invitez vos collègues à vous rejoindre. Ensemble, votre motivation grandit et vous inspirez vos élèves. Exercez-vous au moins trois à quatre semaines d'affilée. Il y a de fortes chances que vous souhaitiez ensuite vous perfectionner.

La place en or de l'essentiel.
Les caractéristiques qui accompagnent une crise, comme la peur, le stress, l'incertitude et un mode de survie, vous poussent vers une exploration (intérieure) des valeurs essentielles en vous-même et à l'école. Grâce à la force d'apprentissage, vous lâchez d'anciens schémas et explorez de nouvelles possibilités, ce qui vous permet de développer des forces et une énergie renforcées et de faire progresser votre expertise. Le secret consiste à tourner votre regard vers l'intérieur pour percevoir qui vous êtes et ce que vous souhaitez défendre dans votre vie. Ce processus de conscience intérieure se manifeste à travers votre intelligence créative : vous suivez davantage votre chemin authentique, votre liberté intérieure se révèle dans votre manière d'enseigner et vous accompagnez vos élèves en respectant leur rythme naturel de vie et d'apprentissage. Les prises de conscience issues de la récente crise sanitaire y ont contribué. La roue de l'être est votre soutien pratique. Vous, enseignant, matière première en or de l'école, êtes le pont qui peut vous mener, vous et vos élèves, d'une crise vers un enseignement qui repousse les limites et où l'essentiel reçoit une place en or.
Hilde Van Bulck
www.hildevanbulck.com
[1] Van Bulck, De eigenwijze kikker, 2015, p 50 ; [2] p 105 ; [3] p 155 ; [5] p 122–123 ; [6] p 161–186 ; [7] p 94 –106 ; [8] p 165 ; [9] p 168 ; [10] p 175
[4] Schoolpraat, 2019, Intelligence émotionnelle, p 8-10
À propos de l'autrice
Hilde Van Bulck est autrice, conférencière, transformatrice et facilitatrice de constellations systémiques. Elle est la fondatrice et l'âme de Samtati et la créatrice de Teaching by being. Forte de nombreuses années d'expérience dans l'enseignement, le coaching et la formation, elle ne s'en laisse pas conter. Elle s'est spécialisée dans les constellations systémiques familiales et éducatives. Elle est connue pour ses formations intenses et de grande qualité « au-delà du stress à l'école » et appréciée pour le cadre sécurisant dans lequel elle travaille. Elle suscite la réflexion, l'inspiration, la motivation et le passage à l'action, afin d'amener les professionnels de l'enseignement et les écoles vers leur essence et leur leadership intérieur. Elle va au fond des questions.
Son deuxième livre, « De eigenwijze kikker, het geheim van lesgeven en opvoeden », est un livre rempli d'expériences profondément vécues et d'exercices concrets pour les écoles en mouvement. Il a été écrit pour renforcer les adultes et les enfants. Auparavant, elle a écrit « De Nacht van ons leven », un témoignage personnel sur l'amour et le deuil.
Lectures inspirantes
Brown, M. (2011). Het presence proces. Haarlem, Pays-Bas : Altamira
Dutra, Y., & St.John, R. (2009). Be the hero you’ve been waiting for. États-Unis : McNaughton & Gunn
Gunster, B. (2012). Lastige kinderen? Heb jij even geluk. Pays-Bas : Bruna Uitgevers
Kokkelmans, A. (2010). Ademelfje… ben je wakker? Pays-Bas : Kluitman
Rentenaar, T. (2016). Het ligt aan jou. Pays-Bas : Bos-Tekst in uitvoering : www.tiu.nl
Dennison, P.E. (2014). Handboek Brain Gym — Energetische oefeningen voor kinderen met leerproblemen. Pays-Bas : Panta Rhei
Purperhart, H., & Weel, R. (2014). Klas in balans — Het grote relaxboek voor het onderwijs. Pays-Bas : Panta Rhei
Van Bulck, H. (2015). De eigenwijze kikker — Het geheim van lesgeven en opvoeden. Bodegrave, Pays-Bas : Paris Books
Publications
Schoolpraat, (2019 ). L'intelligence émotionnelle : une matière nouvelle et précieuse à l'école ? p 8–10
Van Bulck, H. (2018). La créativité, mécanisme de décharge et force créatrice visible.
Van Bulck, H. (2017). Restez dans votre corps ! La confiance en soi, c'est rester fidèle à soi-même.
Van Bulck, H. Plus de publications sur l'enseignement.
Blogs
Van Bulck, H. (2020). Assistons-nous à la naissance de temps nouveaux ?
Van Bulck, H. (2019). Les élèves font entrer la société par la porte de l'école.
Van Bulck, H. (2018). Apprendre en sécurité. Voilà ce que font trois principes dans l'enseignement.
Van Bulck, H. (2018). Libérez-vous du stress « sandwich » à l'école.
Van Bulck, H. (2018). Dix conseils efficaces pour des écoles conscientes et des enseignants conscients.



